Lors du conseil municipal, Abderhamane DJIBAOUI a porté une question orale (lue par Cyrille JEANNEAU) : […] . Aujourd’hui, 10 ans plus tard, les accords avec les commerçants, qui auraient dû être anticipés, ne sont toujours pas finalisés : l’accord avec la pharmacie peine à se concrétiser. Sur votre demande, Monsieur le Maire, la mairie est engagée dans une procédure DUP lourde, longue et coûteuse par avocats interposés. A quand un accord négocié plutôt qu’une DUP pour enfin changer le visage de ce quartier et concourir à sa sécurisation ? Isabelle et Abderhamane vous expliquent la situation et les interrogations portées par la Gauche Unie et Ecologistes autour de ce sujet.
Retranscription
Isabelle : Bonjour et bienvenu dans le podcast consacré au Conseil municipal de Saint-Pierre-des-Corps. Je m’appelle Isabelle. Aujourd’hui, je suis avec Abderhamane DJIBAOUI.
Nous allons revenir ensemble sur la question orale que tu as portée lors du Conseil municipal du 23 septembre concernant la requalification du centre commercial de la Rabaterie. Je précise,vavant que nous la réécoutions, que cette question orale a été lue par Cyrille JEANNEAU car tu n’as pas pu malheureusement assister à ce conseil pour des raisons professionnelles.
EXTRAIT
Monsieur le maire,
le 8 avril 2016, la Rabaterie est enfin intégrée au dispositif NPNRU-ANRU. Le document de référence de l’ANRU indique explicitement les conditions de mise en œuvre des opérations de renouvellement urbain concernant l’acquisition des murs et indépendamment des indemnisations des impacts du projet sur l’exploitation du fonds de commerce. Aujourd’hui, dix ans plus tard, les accords avec les commerçants qui auraient dû être anticipés ne sont toujours pas finalisés. L’accord avec la pharmacie peine à se concrétiser. Sur votre demande, monsieur le maire, la mairie est engagée dans une procédure DUP lourde, longue et coûteuse par avocat interposé.
A quand un accord négocié plutôt qu’une DUP pour enfin changer le visage de ce quartier ?
Isabelle : Peux-tu nous expliquer le contexte de cette question ?
Abderhamane : Comme nous le savons, la rénovation du centre commercial de la Rabaterie est un projet depuis plus de dix ans maintenant. En 2016, l’agence nationale pour la rénovation urbaine a accordé des financements dans l’objectif de transformer le quartier en profondeur en intervenant sur les logements, les équipements, les commerces et les espaces publics. Pour le centre commercial, le projet prévoit notamment de nouveaux commerces et services, des logements, un centre social, une maison de la danse et des espaces végétalisés.
Aujourd’hui, le projet est dans un état de blocage par des démarches administratives qui auraient pu être évitées. Alors que des négociations entre le propriétaire de la pharmacie et la municipalité étaient sur le point de se concrétiser, un courrier du maire lui annonçait un changement d’orientation du
projet rendant les négociations caduques. Une démarche de déclaration d’utilité publique DUP a alors été lancée. Bien sûr, négocier ne garantit pas un accord mais encore faut-il tout mettre en œuvre pour y parvenir avant de s’engager dans une procédure lourde, coûteuse et potentiellement longue.
Qu’est-ce qu’une DUP ? Une DUP est une décision administrative qui reconnaît qu’un projet d’intérêt général. Elle permet notamment sous condition et avec indemnisation de procéder à des expropriations nécessaires à sa réalisation. Il faut en moyenne un à deux ans pour obtenir une DUP.
Dix ans après l’intégration au programme de renouvellement urbain, la question est donc simple. Pourquoi ces difficultés n’ont-elles pas été anticipées et résolues plus tôt ?
Isabelle : Quelle réponse a été apportée lors du conseil municipal ?
Abderhamane : Le maire nous a répondu que la DUP est une procédure normale dans ce type de dossier. Il explique que le principal point de blocage concerne l’accord sur la démolition de l’aile ouest du centre commercial. Selon lui, la pharmacie qui est propriétaire majoritaire n’a pas d’intérêt direct dans cette partie du bâtiment. Il avance qu’une simple scission de copropriété pourrait permettre de faire progresser le projet, sans avoir à acheter les locaux de la pharmacie. Une procédure peut être juridiquement normale sans être pour autant la solution. Elle doit se justifier.
Or les négociations semblaient en bonne voie. Que s’est-il passé pour que le maire choisisse de déclencher une DUP ? Cette démarche semble être une solution de facilité sans compromis et surtout qui va en assumer le surcoût. A notre avis, la responsabilité de faire aboutir le projet appartient à la majorité municipale. Elle a eu 10 ans pour anticiper les difficultés, explorer les alternatives et trouver les voies permettant de faire avancer la rénovation du
centre commercial.
Isabelle : Quelle est la position de la Gauche Unie et Ecologistes concernant ce sujet ?
Abderhamane : Le projet est final et décevant.
Nous passons de 16 cellules commerciales à 5. On le sait, pour qu’une zone commerciale soit attrayante, il faut une offre commerciale diversifiée avec des commerces complémentaires les uns par rapport aux autres.
Les logements sont excentrés et au nombre seulement d’une vingtaine. Pour ce faire, la mairie a été obligée d’augmenter le périmètre du projet en achetant un nouveau terrain et en démolissant un bâtiment existant, ce qui a engendré des surcoûts par rapport au projet initial.
Au regard de sa superficie, le centre social et maison de la danse ne pourra proposer une à deux grandes salles de danse maximum pour les cinq associations à Saint-Pierre-des-Corps.
Il n’est plus question de locaux médicaux pour accueillir les praticiens. Pourtant, notre commune était malheureusement considérée comme un désert médical.
Au cours du mandat précédent, l’opposition avait également soutenu l’installation de locaux de la police municipale dans le quartier, afin de renforcer la proximité avec les habitants et de favoriser une meilleure compréhension mutuelle. Ce ne sera pas le cas. Le projet ne semble pas répondre aux besoins des habitants. Quel dommage.
Mais surtout, ce que nous soulevons ici, c’est la question de la méthode choisie par la majorité. Notre position est claire, il faut privilégier les solutions qui permettent de débloquer le projet tout en maîtrisant les coûts et les délais. Ce que nous demandons aujourd’hui, ce n’est pas de désigner un coupable, mais que la municipalité assume ses responsabilités.
Dans tous les cas, la DUP retarde encore le projet d’un an au minimum, alors qu’il devient urgent pour ce quartier un réel investissement de ses élus.
Isabelle : C’est la fin de notre podcast pour aujourd’hui. Merci Abderahmane, d’avoir pris le temps de nous expliquer plus en détail cette question orale. Nous vous proposons de nous retrouver chaque mercredi pour un nouvel épisode. Abonnez-vous pour être informé de la
sortie de nos prochains podcasts.
Merci pour votre écoute et à bientôt.
– Sous-titrage ST’ 501
