Afin de permettre la réinstallation d’une entreprise de production dans la zone industrielle, le conseil municipal délibère sur la modification du Plan de Prévention du Risque Inondation. Sébastien et Elise vous expliquent les enjeux et les interrogations portées par la Gauche Unie et Ecologistes autour de ce sujet.
Retranscription
Sébastien : Bonjour et bienvenu dans le podcast consacré au Conseil municipal de Saint-Pierre-des-Corps. Je m’appelle Sébastien, aujourd’hui je suis avec Elise TESSON. Nous allons revenir sur la délibération concernant la modification du Plan de Prévention des Risques Inondation du Val-de-Tour-Val-de-Luynes. Peux-tu nous en dire plus sur ce sujet ?
Elise : Bonjour.
Qu’est-ce qu’un Plan de Prévention du Risques Inondation ? C’est un document de l’État qui définit les secteurs exposés aux risques d’inondation et qui encadre ce que l’on peut y construire ou y aménager. À Saint-Pierre-des-Corps, ce sujet est évidemment majeur puisque la commune est entièrement exposée aux risques d’inondation en cas de crues de la Loire ou de rupture de la digue.
Dans la délibération qui nous intéresse aujourd’hui, l’objet est de valider un avis favorable à l’affaiblissement des restrictions d’une nouvelle zone, BZA, dont le document ne nous donne pas une définition très claire. Elle fait suite à la mise en œuvre de mesures compensatrices du Plan de Prévention des Risques Technologiques PPRT et à la réimplantation d’une entreprise dans la zone industrielle de Saint-Pierre-des-Corps.
Le PPRT est un document réglementaire visant à protéger les populations face aux risques d’accidents industriels en encadrant l’urbanisation et la construction autour des installations à risque. À Saint-Pierre-des-Corps, nous comptons notamment 4 sites classés SEVESO sur les 7 sites dans la métropole avec des risques d’incendie, d’explosion ou de surpression.
C’est justement cette accumulation des risques qui doit nous conduire à une plus grande prudence. La modification du PPRI qui nous est proposée a pour objectif de permettre, sous certaines conditions, le transfert de droits à construire et donc la réalisation d’un projet industriel privé.
Sébastien : Peux-tu nous expliquer le positionnement de la Gauche Unie et Ecologiste vis-à-vis de cette délibération ?
Elise :
Notre groupe, la Gauche Unie et Ecologiste, a demandé une chose simple, prendre le temps d’étudier sérieusement le dossier.
Pourquoi ? Parce que nous avons eu moins de 10 jours entre la réception des éléments et le conseil municipal pour examiner une modification du PPRI. Ce délai est beaucoup trop court. Nous ne disons pas qu’il ne faut jamais permettre de projet économique ou industriel. Nous disons que lorsque l’on touche à un document de prévention des risques, la priorité doit être la sécurité des habitants et la compréhension complète des conséquences, notamment de croisement des risques.
Contrairement à l’idée soutenue, cette modification concerne également les habitants de la rue des Épines Fortes et pas uniquement la commune voisine. Il faut donc regarder ce qui se passe autour.
Nous avons déjà sur le territoire des installations classées SEVESO, dont deux établissements à seuil haut, ainsi que d’autres installations manipulant des substances dangereuses, les dépôts pétroliers, le transport de matières dangereuses par voie ferrée et par route, auxquelles s’ajoutent le risque d’inondations et le risque de rupture de digues.
Nous avons aussi, depuis le printemps 2026, une nouvelle chaufferie Biomasse aux Épines Fortes. Elle est désormais opérationnelle et vient renforcer le réseau de chaleur de la ville. Évidemment, nous ne sommes pas en train de dire que cette chaufferie Biomasse constitue en elle-même un danger comparable aux dépôts pétroliers. Ce serait très exagéré.
Au printemps 2026, une consultation publique a eu lieu concernant le projet de transformation d’un réservoir de gazole en réservoir d’essence sur un dépôt des Yvaudières. Le dossier indique une augmentation des émissions de composés organiques volatiles d’environ 30 %, ce qui dépasse le seuil réglementaire de 20 %, nécessitant une autorisation environnementale.
Il nous paraît difficile de considérer chacun de ces dossiers séparément. Quelles seront les conséquences cumulées de toutes ces activités ? C’est cette vision globale qui nous manque et qui mérite un minimum d’études sérieuses avant de modifier les règles qui encadrent l’aménagement du territoire.
Sébastien : Quelle réponse a été apportée et est-elle satisfaisante ?
Elise : La majorité a refusé. L’argument avancé est notamment celui de l’urgence. Mais c’est précisément là que nous sommes en désaccord.
En tant que membres du groupe La Gauche Unie et Ecologiste, nous sommes favorables au développement de la zone industrielle et à la création d’emplois à proximité. Nous avons demandé l’ajournement, pas l’abandon du projet, pas le refus définitif. Simplement, nous souhaitons prendre le temps nécessaire pour étudier le dossier correctement, ce qui était refusé.
Lorsqu’il s’agit d’une modification d’un document de prévention des risques, l’urgence économique ne devrait jamais conduire à raccourcir le temps consacré à l’évaluation des conséquences pour les habitants. Nous pensons que la réponse devrait être claire, la sécurité doit passer avant.
Cette délibération nous rappelle malheureusement la méthode que nous avons déjà dénoncée sur le dossier du magasin général, modifier ou assouplir les contraintes réglementaires pour rendre possible un projet porté par un acteur privé.
Aujourd’hui, une question se pose : est-ce à nos documents de protection contre les risques de s’adapter systématiquement au projet, ou est-ce au projet de s’adapter d’abord aux contraintes
et à la sécurité du territoire ?
Saint-Pierre-des-Corps est une ville populaire, dense, industrielle, située dans un val inondable et déjà fortement exposée aux risques technologiques. Cela impose davantage de précautions, et pas moins. Lorsqu’une modification du PPRI est proposée, nous demandons simplement que les élus disposent du temps et des informations nécessaires pour mesurer toutes les conséquences. Parce qu’en matière de risque, une décision prise trop vite peut engager une ville pour plusieurs décennies. C’est cette responsabilité que nous devons assumer pleinement devant les habitants de Saint-Pierre-des-Corps.
Sébastien : Voilà pour notre podcast d’aujourd’hui. Merci Élise d’avoir pris le temps de nous expliquer plus en détail cette délibération. Nous vous proposons de nous retrouver chaque mercredi pour un nouvel épisode. Abonnez-vous pour être informé dès la sortie de nos podcasts.
Merci de votre écoute et à bientôt.
❤️ par SousTitreur.com
